... sur la page Touraine - Val de Loire de la Bibliothèque municipale de Tours !
A l'occasion des commémorations autour du 70e anniversaire, venez partager notre thème du mois, 1940-1943, l'Indre-et-Loire, un département divisé par la ligne de démarcation

C'est souvent par la presse que la population découvre le tracé de la ligne de démarcation . Ainsi, La Dépêche du Centre annonce le 21 juillet 1940 la liste des communes en zone libre, suivie le 22 juillet de la publication de la carte. Eric Alary, historien professeur à Sciences Po, nous indique que celle-ci "était erronée. Elle ne figurait qu'un nombre très restreint de communes de l'Indre-et-Loire. Les habitants de certains hameaux ignoraient leur position. (...) La carte ne mentionnait aucune échelle. (...) Une telle carte semait le doute."
Six mois plus tard, le 15 décembre 1940, le tracé de la ligne est modifié et sa frontière décalée vers La Haye-Descartes. Les communes d'Abilly, Barrou, Chambon, La Guerche, Le Grand-Pressigny, Neuilly-le-Brignon et Paulmy passent en zone libre.
L'Indre-et-Loire est en effet l'un des treize départements français traversés par la ligne de démarcation, créée en application de l'article 2 de la Convention d'Armistice du 22 juin 1940. Entrée en vigueur le 25 juin 1940, elle demeure effective jusqu'au 1er mars 1943. Le département se divise pendant cette période entre une zone occupée par les Allemands, qui comprend Tours et une zone libre administrée par le gouvernement du maréchal Pétain. Le Lochois est alors rattaché administrativement au département de l'Indre.
La Dépêche du Centre, 12 août 1940
Les ouvrages sur ce sujet sont nombreux dans nos collections. De l'histoire générale du département pendant la 2e guerre mondiale à l'histoire communale sous l'Occupation (Tours, Chinon, Loches, Amboise, Bléré, Saint-Martin-le-Beau, La Haye-Descartes), en passant par les batailles et bombardements en région Centre, ces livres mettent l'accent sur les désordres économiques et administratifs qui perturbèrent la vie quotidienne de tous : coupures des lignes téléphoniques, correspondance limitée, problèmes de transports, pénurie de denrées alimentaires, de vêtements, de combustibles, villages coupés en deux. C'est une autre vie qui se met en place, également marquée par les difficultés de déplacement d'une zone à l'autre.

Sachant que l'obtention de laissez-passer est nécessaire pour circuler, l'activité de passeur se développe le long de la ligne pour en permettre le franchissement, dans des conditions parfois périlleuses. Vous trouverez de nombreux témoignages de passeurs dans les ouvrages sélectionnés. Ces actes de résistance furent multiples dans les zones propices autour de Bléré, Cussay, Dolus-le-Sec, Reignac-sur-Indre, Ligueil ou La Haye-Descartes.
 
Photos de passeurs dont l'activité se situait aux environs de la "ligne", tous morts en déportation (à l'exception de M. Léon Auger, en bas à droite).
La Nouvelle République, 26 juin 1959 |